25.09.2009
La misère...

| bsr |
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13.05.2009
La porte des passions

| Nous ne lisons pas les mots, les gens ou le monde même de manière identique ou objective. Nous sommes surtout sensibles aux seuls signaux que filtre notre clôture informationnelle et émotionnelle. Aller au delà demande un effort, constitue un exercice autant qu’un apprentissage. Cette clôture elle, dépend de nos états, de conscience, d’apaisement, de l’état de notre organisme (au sens large) et de nos aptitudes cognitives, toutes ces choses qui engendrent un monde propre, intime et fortement cloisonné. Nous traitons le monde, spontanément, à nos propres conditions et on appelle in-formation la (bonne) forme capable d’épouser ou de compléter celle de notre organisme. Plus simplement on se nourrit de ce qui nous conforte, nous rassure, nous « parle », nous renvoie à ce qu’on aime et/ou maîtrise, voir à ce qu’on reconnaît pour le « vrai » et le « bien ». Passer outre est un travail que le support immatériel du net n’engage pas aisément à faire puisque l’absence de toute responsabilité semble nous exonérer - conscience des Droits, oubli fréquent des Devoirs. Bref, les valeurs retenues, les jugements prononcés, les informations sélectionnées, tout cela exprime la façon dont chacun protège son monde propre ou sa vie (dans ses valeurs fondamentales qui donnent sens à ce qu’on est, vis-à-vis de nous mêmes), et charpente son voyage mortel à travers le bruit et la fureur (Hamlet). Finalement on assiste à un paradoxe. Une énorme inflation du visible (propos écrits, circulants, blogs,commentaires, salons etc …),avec des traces, des empreintes, partout et aucun signes tangible qui nous rassure sur l’interlocuteur, ses intentions etc … et la porte des passions se retrouve grande ouverte… Et certains ont raison … ce que nous voyons est bien plus grand que ce qui nous regarde et que nous suspectons aisément de tous les maux. Se tenir sur le seuil de sa propre vie en observant celles qui passent. Il faut peut être vaincre une crainte profonde pour le faire. Mais il y a de cela aussi dans la capacité à envisager les actes comme les mots pour ce qu’ils disent d’eux-mêmes et non pour ce qu’on se figure qu’ils véhiculent. D’où tirons-nous ce que nous appelons intimement le vrai, le beau, le juste, le laid ou le négligeable ? Sinon de nos propres voyages, de nos modes de lectures (j’écarte la question des dimensions pathologiques de certains croisés). Je reste persuadé qu’en chacun il y a à la base une intension positive qui architecture les élans du cœur comme les colères et les indignations. Qui fait effort pour la trouver ? Le monde technique nous offre un outil (Internet) que nous ne maîtrisons pas finalement. Nous le possédons moins qu’il nous possède. Malgré nous, nous sommes emportés par lui dans un espace intermédiaire, une zone transitionnelle (au sens de Winnicott), ni privée ni publique, ni totalement subjective, ni totalement objective. Et ce plat de nouilles empêche de poser simplement les questions autant que d’entendre les réponses. Tout repose sur l’effort que chacun met à être soi (pour ceux que cette question concerne.. donc exit les joueurs et autres surfeurs) et à envisager l’autre … La conscience de la vacuité, la frustration et toutes les dynamiques d’insatisfaction entraînent invariablement le relationnel d’un grand nombre sur la route du conflit. Le combat plutôt que rien ! Celui qui n’est pas compte inconsciemment sur l’autre pour advenir. Et quoi de mieux qu’un bon ennemi? Cet autre moi-même en négatif. Comme si en l’abattant j’avais l’espoir d’engloutir aussi cette part de moi qui me fait si honte. Au final, on se trouve pour ainsi dire ici entre la vie de famille et la vie de travail, entre l’intime et le social, là où surgit une sorte de 3eme monde, vaste, inépuisable, et qui façonne un 3eme homme, égotique à l’excès, non plus tant sentimental qu’empreint d’une mièvre sensiblerie, non plus tant rêveur que chimérique et surtout fusionnel dans son rapport à l’altérité. Et malheur à l’obstacle ou à celui qui réinjecte une dose de réel dans ce monde espéré comme celui de Peter Pan même si chacun sait qu’il tient davantage du cauchemar d’Alice … A suivre … ( Sterne ) |
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